Episode I partie 1, Réécrit.

 

L'homme gardait son regard fixé sur l'écran. Calé sur son siège, il tendit la main vers le verre posé sur le bureau. Vide. Il le reposa, gardant son expression neutre. Une femme entra dans la pièce. Sans dire un mot, elle s'approcha du verre, portant une bouteille de limonade, et remplit le verre a ras-bord, puis posa la bouteille sur la table. Elle jeta un regard à l'écran.

"Encore eux? Ils sont si intéressants?

-Disons que c'est compliqué de se lasser d'eux, répondit l'homme avec un sourire.

-T'as pas autre chose à faire? Je sais pas, t'occuper du monde, faire un miracle par-ci par-là, un tremblement de terre peut-être?

-C'est bon,  j'ai répondu à assez de prière pour aujourd'hui, ils peuvent se débrouiller tout seul pendant quelques heures...

-Tu te rappelles ce qui s'est passé la dernière fois que t'as voulu prendre des vacances?

- Ça va, ça va, 5 minutes!"

Avec un soupir, la femme récupéra la bouteille et sorti du bureau.  Le Créateur passa la main dans sa chevelure fournie, se re-cala dans son siège, et se replongea dans l'action de son monde.

 

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"Et moi je suis certain que je mérite une promotion!"

Moise V,  dans sa tenue de technicien de surface,  accompagna sa réplique d'un coup de serpillère sur le sol. Assit à son bureau, un homme d'un peu plus de trente ans signait des papiers, semblant y accorder autant d'attention qu'à l'orang-outan au tablier qui gesticulait devant lui.

"C'est pas normal, je siège au haut conseil, et à côté je lave les carreaux!

-Tu as été rétrogradé pour mauvaise conduite et utilisation abusive du feu. Ah oui, d'ailleurs, je devais te signaler que beaucoup se sont plein de ton travail. On a notamment le rapport du lieutenant Walsoon, qui a trouvé un nombre assez conséquent de molard sur ses papiers, tu expliques ça comment?"

Moise haussa les épaules.

"On me fournit jamais le matériel qu'il me faut, je fais avec ce que j'ai... D'ailleurs, mon cher Eric, tu devrais me montrer comment tu fais, tu as vraiment une carrure pour faire ça, je t'imagine très bien avec une petite tenue de soubrette"

À peine eut il finit cette phrase que l'intéressé se leva d'un coup, saisit le sabre recourbé appuyé sur le bureau, le dégaina et plaça la pointe à un centimètre du visage de son interlocuteur, qui fixa cette objet en tentant de garder un air détaché. Le mouvement lui avait prît moins d'une demi-seconde, rapide, inévitable, mortel.

"Je suis lieutenant-colonel et maitre d'arme de l'empire. Sache que, toi, tu n'es rien, juste une chiure de mouche qui reste ici par on ne sait quel miracle de William. Alors tu vas bien tranquillement reculer, sortir de mon bureau ET ARRETER DE ME CASSER LE CUL, C'EST COMPRIT?

-Snarf...

Moise recula d'un pas retira son tablier, dévoilant la rapière qu'il portait à la ceinture. La Moissienne. L'épée enflammée. Qui était pendue à sa ceinture par un autre caprice du Créateur.

-Le Lotus enflammé, tu connais? dit-il, une pointe de menace dans la voix.

Eric soupira. Il posa le fourreau qu'il gardait dans sa main gauche sur la cheminé derrière lui, et, dans un grand mouvement, envoya valser le bureau, faisant voler les feuilles, les stylos et le coupe papier qui alla se ficher dans le sol un peu plus loin. Il saisit son sabre à deux mains et prit une pose de combat, un pied légèrement en arrière, les mains au niveau du ventre. Une garde simple, mais parfaite.  Moise le regarda, regarda son épée, regarda le bureau, regarda la porte et reposa son regard sur le maitre d'arme.

"On va s'prendre une bierre chez le Maréchal? Dit-il en rengainant la Moissienne. "

Éric remit son épée dans son fourreau.

"Aller, okay, allons-y... Répondit-il avec un ton las, mais avec un petit sourire. "

Il plaça son épée à sa ceinture et saisit le bureau à deux mains pour le remettre en place. Il récupéra toute les feuilles tombé par terre, les tria rapidement et les posa sur son bureau, alla récupérer le coupe papier planté au sol et le mit dans le pot à crayon ornant son bureau. Après s'être assuré que tout était bien en place, il sortit de son bureau, Moise sur les talons.

"Et sinon, elle va bien ta femme? Dit Éric en ouvrant la porte du siège du gouvernement

-Oui ! Mais ce matin elle a oublié de me donner la liste des courses, répondit Moise.

-Ah meeeeerde, ça m'arrive à moi aussi...

- Et toi ton dos? Ça grince encore?

-Bah je vois le kiné assez souvent, c'est pas agréable, mais c'est pas gênant pour le boulot.

-Ah! Moise, Éric, faites quoi?"

Cette dernière phrase venait d'être prononcée par un homme d'une vingtaine d'année, brun et vêtu d'un ensemble de toile usée, une sorte de katana pendant à sa ceinture.

"Ah, Arzh! Mon ami forgeron! S'exclama Moïse. Va bien? Tu viens avec nous? On va boire une bibine chez le Maréchal!

-Pas de problème, répondit l'intéressé

 -Cool! Dit Éric avec entrain, en reprenant sa route, suivit de près par les deux autres.  C'est à 200 mètres à peu près.

- Ouaip, Après la péripatéticienne c'est la 2ème sur la droite.

- Et sinon Eric t'as réussi à la monter cette table ? Demanda Arzh.

- Celle que j'ai acheté y'a deux jours? Pas eu le temps, et puis avec ces connards de coréens qui savent pas écrire dans une autre langue leurs plans à la con... J'aurais dû aller chez Iquea, c'est de la qualité ça!

- Tu l'as dit, confirma Moïse

- T'aurais dut demander à ton pote William, il se serait fait une joie de t'aider!

- Le créateur la montera en moins de 2, renchérit Moise, toujours prêt à faire le mouton et suivre le mouvement.

 -Bah tu sais, depuis qu'il est Dieu c'est compliqué, répondit Éric en feignant la tristesse. Il...

 -Il quoi .... ?

En disant cette phrase, Moise trébucha sur un pied de table. Il se rattrapa en s'appuyant sur un mur.

-Il est plus pareil... Poursuivit Éric. C'est plus celui qui allait toujours boire une bonne bière après le boulot, celui qui faisait une petite blague salace en voyant une fille passer... 'Tain, la vache, y'a beaucoup de vaisselle cassée là...

En effet, plus ils avançaient vers la maison du Maréchal, plus le sol était couvert de morceau de verre, de bois ou de vaisselle.  En arrivant aux pieds du château de Morkret, ils se rendirent compte que tous ces objets venaient de la fenêtre du 2eme étage. Les cris d'un homme et d'une femme se firent entendre.

- Houla, apparemment, y'a une scène de ménage entre le Maréchal et sa femme, dit Éric.

-Ouais... Fais-moi la courte échelle,  que je regarde par la fenêtre! Répondit Moïse.

-Vicieux Moise...  Dit Arzh. Il m'a pris 2 écus pour rien ! Poursuivit-il, semblant vouloir prendre Éric à témoin. Soi-disant que j'avais touché aux fleurs du jardin sacré alors que j'y étais même pas allé !

-Y'a bien 10 mètres, répliqua Éric à Moise, ignorant totalement le forgeron. Je suis grand mais faut pas abuser, je suis pas un géant du septentrion!

-Ah il vaut mieux prévenir que..."

Soudain, l'interrompant, un homme d'une quarantaine d'année  passa par la fenêtre, et atterrit sur Moise.

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